Sfumato

A travers cette série, Jean-Philippe Gérard ne se limite plus à un effet subjectif qui se couperait des réalités, il veut au contraire la rendre plus vraisemblable. En lissant et annulant les traces de pinceaux, il permet en quelque sorte à la peinture de s’approcher d’un idéal photographique, indépendant de la main humaine. Débarrassé ainsi de toute référence au dispositif de représentation, l’oeuvre peut donner l’illusion de montrer la réalité.

La touche propre a chaque artiste se fait oublier pour laisser place à une plus grande visibilité du monde. Cette invisibilité de l’écriture support nous montre des figures évanescentes qui embrument la toile. La vision est floue et le sujet s’évapore. Contour d’un rêve imprécis où la tache devient nuage. La précision du contour est remplacée par l’ondulation d’un mirage. Cet effet général offre au point de vue artistique une netteté suffisante.

Les sujet sont des figures humaines, du moins de brumeuses apparences humaines, car tout ce qui existe n’est visible que parce que nous percevons l’apparence, le reflet. Rien d’autre n’est visible.